Une journée à Osaka

  • Japon

C'est notre toute première fois au Japon or Tokyo ne figure pas sur notre plan de route. Comme nous voulons tout de même goûter à un aperçu de grande mégalopole nous nous rabattons sur Osaka.

La ville ne jouit pas d'une bonne réputation. Est-elle si industrielle que l'on dit ? Réponse avec Angelo, un guide fort sympathique qui va nous accompagner sur une journée.

Nous arrivons au Japon après environs 15 heures de voyage. Deux typhons se sont enchaîné sur l'archipel et le second touche à sa fin. Nous passons près de 1 jour et ½ sous une pluie permanente. Tandis que les flaques d'eau viennent à bout de mes chaussures, je n'ose pas sortir mon appareil de peur de l'endommager.

Ce n'est que le 3e jour que le soleil se lève. Bon timing car nous avons justement rendez-vous avec Angelo, un guide du réseau "Safari". Photographe aguerri, il va nous proposer un parcours de visite privative et personnalisé. Une façon idéale de découvrir ce dont nous n'avions pas idée...


Petite précision : la journée a été bien plus riche que ce j'illustre ici. Mais cela vous donnera un aperçu rapide d'Osaka.


Gare d'Osaka

Nous commençons par la gare d'Osaka, notre point de rendez-vous. Sous sa grande verrière se cache l'une des gares les plus fréquentées du monde. En 2013 elle était numéro 4 mondiale en terme de voyageurs avec 820 millions de passagers par an (2,25 millions /jour en moyenne). Comme c'est le cas de beaucoup de gares au Japon, elle est liée à de gigantesques centres commerciaux qui fourmillent de monde.

Gare d'Osaka

Qui dit grande gare dit grande activité. Nous nous situons justement au centre d'un grand quartier d'affaires. Il faut dire que Osaka tire son épingle du jeu côté business : c'est la 2eme ville la plus prospère du Japon juste derrière Tokyo. Elle se trouve d'ailleurs au cœur de la gigantesque mégalopole du Keihanshin (Osaka - Kobe - Kyoto).

Osaka commence son essor à partir du IIIe siècle. Elle devint plusieurs fois capitale du Japon et fait partie des grands moteurs économiques du pays depuis des siècles. Avec l'augmentation de sa population, la ville a fini par s'étendre sur les marécages de son estuaire. Aujourd'hui la ville a débordé de ses limites naturelles pour s'étendre sur la baie d'Osaka au travers d'îles artificielles.

Toits d'Osaka

Toits d'Osaka

Après avoir pris de la hauteur sur l'urbanisme d'Osaka, Angelo nous ramène sur la plancher des vaches, dans l'un des plus vieux marchés qui subsiste à Osaka. Ambiance Blade Runner (diurne) garantie.

Marché d'Osaka

Dans ce marché nous faisons de belles rencontres. Angelo y est très populaire et pour cause : il s'intéresse aux gens. Il n'hésite pas à aller auprès d'eux, pour se renseigner sur leur métier, sur leur vie. Ainsi lorsqu'il revient avec des voyageurs, il est en mesure de leur expliquer l'histoire de cet endroit, les activités que l'on y pratique, tel que les spécificités de la préparation des poissons, etc.

Marché d'Osaka

En temps normal peu de touristes s'aventurent dans un tel endroit, aussi nous sommes vites remarqués. Les locaux s'intéressent à nous et grâce à notre guide nous pouvons communiquer avec eux. Il me faut un long moment pour sortir de ma zone de confort, mais Anne-Laure s'éclate. Certains nous font même goûter des produits locaux ou nous offrent des petits présents.

Déjà nous nous rendons compte que la qualité est de loin meilleure que nos fruits et légumes de supermarchés, mais nous découvrons aussi la générosité des Japonais. Et ce sont souvent ceux qui ont peu qui donnent le plus. Les attentions nous touchent énormément. En retour nous offrons des cartes, des magnets et des Tour Eiffel parisiennes.

Marché d'Osaka

Marché d'Osaka

Au cours de la journée, Angelo va parfaire nos connaissances sur la culture du sacré au Japon. Deux courants religieux dominent au Japon : le shintoïsme et le bouddhisme.

Sanctuaire Japonais à Osaka

Le shintoïsme consiste en l'adoration des "Kami", des divinités représentant des lieux ou des forces naturelles. Il apportent des bénédictions pour la vie terrestre (santé, prospérité, bonheur, etc) ainsi que pour les possessions matérielles (terrains, maisons, immeubles, pour les inondations, incendies, tremblements de terre, ...).

Le bouddhisme quant à lui se préoccupe de l'âme et plus particulièrement de son élévation à un stade supérieur. Le premier temple bouddhique japonais se nomme Shitenno-ji. Il est à Osaka et voit le jour au 6e siècle.

Sanctuaire Japonais à Osaka

Les deux religions ne sont pas opposées l'une à l'autre, car elles ne servent pas les mêmes buts. De nos jours les japonais continuent à les pratiquer, car si la culture japonaise n'est pas très accrochée au matériel, elle reste fidèle à ses coutumes.

D'ailleurs il est fréquent de trouver des lieux sacrés cachés un peu partout dans les villes, et Osaka n'y fait pas exception. Pour l'anecdote, la densité des lieux sacrés est plus forte à Osaka qu'à Kyoto.

Sanctuaire Japonais à Osaka

Nous visiterons aussi plusieurs cimetières, accolés aux lieux sacrés. Contrairement à l'Europe, les Japonais pratiquent principalement la crémation des corps, d'où ces stèles plus tassées.

Cimetières au Japon

Le marbre est gravé selon une technique de projection de sable sous haute pression. Il abrase le granit jusqu'à obtenir le sillon des caractères Kanji.

Cimetières au Japon

Angelo en a aussi profité pour nous expliquer ce que représentent les petites statuettes habillées. Ce sont des Jizo, une divinité bouddhique. D'après les croyances, lorsqu'un enfant décède son âme se retrouve prisonnier d'une sorte de purgatoire. Or Jizo vient en aide à ces enfants pour qu'ils accèdent au salut. Ce sont les parents de ces défunts enfants qui viennent vêtir les statuettes.

Sanctuaire Japonais à Osaka

Pour la soirée, notre guide nous emmène voir les néons d'Osaka ! L'une des meilleurs adresses pour passer une soirée est Shinsekai. Cela signifie littéralement 'le nouveau monde'. Conçu pour être un parc d'attraction en 1912, se voulait être une devanture de la ville du futur. Mais le concept désintéresse le public en moins de 10 ans.

Quartier boudé par les japonais, partiellement détruit lors de la seconde guerre mondiale, Shinsekai devient le rassemblement d'une population nocturne et marginale et devient mal famé. Aujourd'hui cette réputation a dû mal à s'effacer. Pourtant le quartier reste résolument attractif. Ses boutiques de vêtements et ses restaurants pas cher lui rapporte même une certaine popularité.

Shinsekai, Osaka

Ici les restaurants rivalisent d'imagination pour attirer le passant et on y trouve des devantures monumentales.

Shinsekai Osaka

Dans ce restaurant les clients pèchent le poisson qu'ils vont manger dans un immense bassin. Le concept est super ludique !

Shinsekai Osaka

Après avoir fait un dernier restaurant avec Angelo, nous nous séparons de notre guide avec tristesse. Le contact est très bien passé avec cet ami d'une journée. Nous espérons revenir le voir un jour.

Voulant encore profiter de cette dernière journée, nous poussons la balade du côté de Dotonbori, un quartier très populaire. Pour beaucoup de touristes Dotonbori se situe essentiellement autour de son canal où l'on trouve de nombreux affichages lumineux. La plus célèbre enseigne est celle de Glico-man : un athlète aux bras en "V" âgé de plus que 85 ans !

Dotonbuti, Osaka

Dotonburi, Osaka

Les abords du canal sont très touristiques. Il faut dire qu'à Dotonbori commence une galerie commerciale longue de 1,8 km, de quoi y passer des heures !

Dotonburi, Osaka

Les rues parallèles sont plus calmes, on trouve beaucoup de petites échoppes. La veille nous y avions justement mangé du choux bouillis accompagné de viande, un vrai régal !

Ruelles de Dotonburi

Ruelles de Dotonburi

Alors au final, Osaka est-elle une ville industrielle ? A l'image de n'importe quelle grande ville japonaise, elle consiste en un patchwork d'industries, de bureaux, de zones résidentielles, de zones touristiques, de quartiers ultra-modernes, du neuf côtoyant de l'ancien. J'ai trouvé que Osaka est une ville agréable pour les jeunes qui bouge beaucoup, avec de nombreux commerces et quartiers attractifs, colorés et fun.

Est-ce que Osaka mérite le détour ? Oui, dix fois oui ! J'ai regretté de n'y passer que 2 jours. Il y a tellement à voir et à faire ! Seul problème pour le touriste : les guides papier sont quasiment tous à côté de la plaque et ne grattent qu'une partie de sa surface. Si vous êtes rôdé au repérage, vous pouvez faire une veille via internet en recherchant bien.

Mais si vous recherchez un séjour clés en main, je vous recommande de contacter Angelo pour vous accompagner. Il connaît tous les recoins dans sa ville et adaptera le parcours en fonction de vos attentes (parcours qui changera du tout au tout). En outre il peut vous faire rencontrer des locaux, ce qui est difficile si l'on ne connaît pas le japonais. En bref il vous permettra de passer un ou deux jours inoubliables taillés sur mesure.

Sources de cet article :

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